Prise en charge des conduites addictives.

Formateurs : Directrice de CSAPA et/ou Psychologue clinicienne

Durée : 4 jours en deux sessions de deux jours à intervalle d’un mois maximum.

Lieu et dates : intra établissement

Public : Professionnels de santé (infirmiers, cadres, éducateurs) intervenant dans les organisations sanitaires sociales, associatives et éducatives.

Prérequis : Être en poste et avoir trois années d’expérience auprès de personnes souffrant de dépendances.

DPC : Oui. N°26172100005

Accessibilité: Non

Prix : Formation intra établissement: pour un devis personnalisé nous contacter

Mise à jour le : 26 mai 2023

CONTEXTE

Aujourd’hui en France, le terme « addiction » est utilisé pour tout et par tous, parfois très loin de sa véritable définition.

Pour l’INSERM, la consommation d’alcool diminue régulièrement depuis 40 ans en France, cependant, la proportion de personnes en difficulté avec l’alcool reste stable à 10% de la population (soit plus de 6 millions d’habitants en 2020) ; le tabac représente près de 73 000 morts, en raison des comorbidités et mortalités associées.

Quel que soit le produit psychoactif utilisé, la pathologie addictive est une maladie chronique, à récidive fréquente, et nécessite selon les situations et les objectifs de l’usager, un diagnostic, une prescription médicamenteuse, un accompagnement psychologique ou psychiatrique et un suivi socio-éducatif, possiblement à long terme.

En ce qui concerne les addictions sans produit (jeux, écrans, travail, sport, sexe, troubles du comportement alimentaire…), elles font désormais, et de plus en plus souvent, l’objet de demande d’accompagnement dans les établissements spécialisés avec des orientations parfois en services de psychiatrie.

Quel que soit le type d’addiction, le sujet reste tabou, avec un vécu de honte et de culpabilité pour l’usager, un vecteur de nombreuses idées reçues pour la population en général et parfois pour les professionnels.

La loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé reconnait la prise en compte des addictions comme priorité de santé pour l’ensemble de la population : des plus jeunes aux plus âgés, selon l’institution qu’ils fréquentent et en lien avec la médecine de ville (« parcours éducatif en santé » à l’école avec la prévention des conduites à risques ; des mesures de lutte contre la consommation de l’alcool jusqu’à l’ivresse ; la prévention et le diagnostic précoce des troubles des conduites alimentaires ; la lutte contre le tabagisme ; la réduction des risques pour les consommateurs de drogues, …)

Ce Ce constat fait écho au travail des professionnels de terrain chargés de l’accompagnement des personnes au sein du GHT des EPSM du Nord et du Pas de Calais. On observe de plus en plus de consommations occasionnelles massives (binge drinking ou craving) ou de mélanges (poly-consommations d’alcool, médicaments, tabac, cannabis, jeux, sexe…) qui peuvent occasionner des risques et des complications pour la santé et la sécurité des usagers, de leur entourage et des professionnels chargés de les accompagner

Ce contexte professionnel crée des situations complexes et difficiles à gérer pour les professionnels de terrain du GHT. Ces professionnels peuvent se sentir démunis face aux troubles du comportement des patients présentant des troubles psychiatriques (psychose, état limite, dépression majeure…) souvent associés à des conduites et des comorbidités addictives (démence, décompensation, manque ou overdose, pathologies digestives, pulmonaires ou cardiaques, hépatites, VIH…). Le règlement intérieur des institutions de santé mentale est souvent questionné : entre liberté individuelle et risque collectif.

Notre proposition de formation permettra aux professionnels concernés d’avoir une meilleure connaissance des addictions et des conduites addictives (avec ou sans produit). Ils pourront ainsi adapter leur posture professionnelle (individuelle et en équipe), repérer et développer des stratégies de prévention, d’intervention et d’accompagnement de la personne en situation d’addiction et de son entourage. Ils pourront développer des savoir-faire dans leur pratique quotidienne et en situation de crise. Des situations problématiques ou complexes seront abordées lors de la formation pour développer une meilleure connaissance des intervenants du réseau spécifique en matière d’accompagnement et de prévention dans le champ des addictions (CSAPA, CAARUD, ELSA …) pour s’adapter à des situations particulières (public à la rue, patients addicts hospitalisés en psychiatrie, personnes âgées, femmes enceintes…) et en gérer les complications.

OBJECTIFS

Objectifs opérationnels :

  • Acquérir une meilleure connaissance du concept d’addiction et des processus qui entrent en jeu dans les conduites addictives et des conduites à risque.
  • Développer des « savoir-faire » et des « savoir être » adaptés pour la prise en charge des personnes présentant des conduites addictives : La posture professionnelle.
  • Être en mesure de concevoir, dans le contexte professionnel, des stratégies de prévention, de réduction des risques, d’accueil, d’intervention  et d’accompagnement des personnes présentant des conduites addictives (alcool, toxicomanie, jeux, sexe…), en individuel et en équipe pluridisciplinaire.

Objectifs pédagogiques :

  • Acquérir des connaissances théoriques sur les conduites à risques et addictives avec et sans produit (causes, conséquences, complications). Savoir repérer les signes et acquérir une vue globale du concept d’addiction (la notion de trajectoire : de la dépendance à la perte d’autonomie). Connaître l’épidémiologie en matière d’addictions sur le territoire. Connaître le dispositif législatif concernant les addictions.
  • Expérimenter les différentes approches relationnelles favorables à l’accueil, au dépistage, à l’évaluation des conduites addictives (outils), et à l’accompagnement des personnes présentant des conduites addictives (relation d’aide, techniques d’entretien, théorie de la motivation, balance décisionnelle, travail sur la prévention de la rechute, techniques d’intervention face à la crise…) dans un contexte de service psychiatrique.
  • A partir de situations concrètes apportées par les participants ou le formateur, apprendre à : Reconnaître les comportements inhabituels liés à des conduites addictives (consommation contrôlée, consommation aigue) ; utiliser des outils d’évaluation des conduites addictives et d’accompagnement de l’usager, afin d’accompagner le changement, identifier les freins et les leviers avec la personne en situation d’addiction (traumas, environnement…) par le développement du pouvoir d’agir et la coordination des aidants potentiels (professionnels, bénévoles, familiaux), savoir gérer les risques et les complications.
  • Aider les participants à développer des stratégies et des outils spécifiques à l’accompagnement des personnes présentant des conduites addictives dans le champ spécifique de la santé mentale par une approche thérapeutique efficace soin et des activités collectives en prévention.
CONTENU
  • Accueil, présentation des participants et du formateur : Connaitre les participants et leurs attentes.
  • Présentation de la session : Ajuster le programme aux attentes
  • Définitions (vocabulaire des addictions) : Elaborer un language commun.
  • Données épidémiologiques : Rappel sur raisonnement clinique infirmier : pré-requis à la formation :Le raisonnement hypothéticodéductif., Le raisonnement par anticipation. Plan de soins et chemin clinique ; Présenter un état des lieux des addictions en France.et les aspects juridiques.
  • Produits et comportements addictifs : Apporter des connaissances (produits/comportements, leurs effets, plaisir-souffrance).
  • Classification des comportement addictifs : Identifier la classification en matière d’addictions : repérer les risques (CIM 10, DSM-5, OMS) comorbidités et conséquences (sanitaires, sociales et judiciaires). Pour chaque type d’addiction.
  • Retour sur la première journée : Valider les acquis.
  • E=SIC : Comprendre les composantes d’un comportement addictif, lien avec les pathologies psychiatriques.
  • Freins et leviers : Identifier les facteurs mobilisables pour l’accompagnement au changement et les facteurs de résistance.
  • Aider un usager à prendre conscience de son addiction : Travailles sur le question du déni.
  • Cycle de l’assuétude : Comprendre le mécanisme des addictions (de l’usage à la dépendance) ; prévenir la rechute.
  • “Nouvelles addictions” : Identifier les causes et les problèmes : entre peur et manque de connaissances.
  • Prévention, réduction des risques, soins : cadre d’intervention : Connaitre les spécificités de chaque champ d’addiction, comprendre comment animer un groupe se sensibilisation sur la question des addictions.
  • Dispositifs spécialisés : Présenter les acteurs du sanitaire, du social et du médico-social : complémentarité et interactions.
  • Partenariat : Orientations inter services (hors champ addictologie).
  • Volontariat et contrainte (sanitaire, judiciaire) : Transformer le subi en agi.
  • Retour sur les deux première journée : ajustement du contenu du dernier jour de formation : Partager les expériences, les questions et les réponses.
  • Parcours de soins, parcours de vie : projet individualisé : De l’accueil à la fin de suivi : étapes et intervenants.
  • Relation d’aide et Toute active : Principes et mode d’emploi.
  • Entretien motivationnel : Principes et mode d’emploi, balance décisionnelle.
  • Relation soignant/soigné : Proximité/distance requises : entre empathie et limites.
  • Gestion des émotions : Identifier, ressentir, gérer ses émotions.
  • Publics spécifiques : Travailler en équipe interdisciplinaires (professionnels, aidants, famille…) : public en errance, public placé en institution (enfants, jeunes, adultes, seniors), public psychiatrique, femmes enceintes. 
  • Pair-aidance : le patient expert (addiction/psychiatrie) : Exposer la plus value de l’aide par les pairs.
  • Cas pratiques : Echanger sur les pratiques au sein des établissements : proposition de changements à présenter dans le cadre des adaptations du service
  • Prévention et intervention précoce : Connaitre la méthodologie d’action en prévention : comprendre le fonctionnement des programmes probants. Approcher l’efficience en prévention et en intervention précoce.
METHODES PEDAGOGIQUES

Pour les formations de développement professionnel continu, les méthodes pédagogiques de l’HAS appliquées sont :

Méthodes affirmatives :

Le formateur transmet ses connaissances par des méthodes :

  • Expositives : cours théorique, présentation de supports Power Point
  • Démonstratives : vidéos, cas concrets

Méthodes interrogatives :

Des questionnements structurés permettent au formateur de faire découvrir par le participant, par induction ou déduction, les savoirs à acquérir.

Méthodes actives :

Afin de garantir son efficacité et son opérationnalité, la méthode pédagogique est essentiellement active et interactive. Elle se base sur l’expression ou l’apport de situations professionnelles vécues par les participants.  L’ancrage dans les difficultés rencontrées par les participants (étude de situations réelles, retours d’expérience des professionnels) permet une adhésion de chacun et assure leur motivation. Cette formation demande donc un engagement de la part des participants, nous garantissons alors la confidentialité et la sécurité dans les travaux effectués (confère charte éthique).

Le stagiaire sera sollicité dans son implication expérientielle.

La logique de cette démarche exige une organisation en plusieurs sessions ; des exercices de lecture et d’écriture de cas concrets et un plan d’action seront proposés aux participants en période d’intersession.

Etant entendu que la fonction d’accompagnant est un axe prépondérant de l’accompagnement du professionnel (Décret du 30.06.2015 relatif à la qualité de la formation), ces intersessions s’inscrivent dans le dispositif de professionnalisation.

Ce travail en intersession fait directement partie du processus pédagogique. Il permet l’évaluation de l’impact de la formation à chaque début et fin de session et assure le transfert des connaissances et des compétences.

OUTILS PEDAGOGIQUES
  • Travail en groupe.
  • Power Point et documents papier.
  • Outils “Les cubes”.
  • Utilisation d’exemples et recherche de signes distinctifs, developper le raisonnement clinique.
  • Vignettes clinique et vidéos.
  • Jeu de rôles
  • Outils de suivi, grilles d’évaluation : parcours types et exceptions
  • Exercices.
  • Témoignage.
METHODE D’EVALUATION

Niveau 1 – Evaluation de la satisfaction des participants :

A l’issue de la formation, les participants sont invités à compléter :

  • La fiche d’évaluation individuelle : les participants évaluent le contenu, son adéquation avec leurs besoins, les modalités pédagogiques, la qualité de l’animation, les conditions matérielles ainsi que la qualité des supports remis.
  • La fiche bilan : les participants indiquent ce qu’ils ont particulièrement apprécié dans l’action de formation, ce qu’ils ont regretté ; ils peuvent proposer des améliorations.

Ces éléments permettent au fondateur et au responsable pédagogique :

  • D’avoir un niveau de satisfaction globale concernant l’action de formation
  • De mettre en place, si nécessaire, des actions d’amélioration.

Niveau 2 – Evaluation des apprentissages en termes de connaissances er de compétences :

  • Afin de déterminer l’efficacité de l’action de formation, c’est-à-dire d’évaluer les connaissances et compétences acquises au cours de celle-ci, les participants évalueront leur niveau avant et à l’issue de la formation.

Cette auto évaluation est réaliser au mayen du questionnaire d’auto positionnement sur lequel sont repris les objectifs de l’action de formation.

  • Evaluation des pratiques professionnelles, des retours d’expérience en intersession et verbalisation dans le groupe de l’appropriation des référentiels et des recommandations.